Sur les dix premiers mois de 2025, l’activité dans l’industrie automobile en Bourgogne-Franche-Comté baisse toujours. Le niveau des immatriculations de véhicules est bas et le climat des affaires demeure morose dans le secteur. Au premier semestre, l’emploi salarié de la filière diminue fortement. Cette dégradation de l’emploi s’accompagne d’un recul des embauches et d’un affaiblissement du recrutement durable. Par ailleurs, le recours à l’activité partielle se réduit.

Une publication complémentaire est disponible ici : « L’activité dans l’automobile freine encore en 2025 », Insee - Dreets, décembre 2025.

1. Présentation de la filière

En Bourgogne-Franche-Comté, la filière automobile (cf. Méthode) se caractérise par une très forte concentration autour de quelques grands constructeurs. Auprès d’eux gravite une chaîne d’approvisionnement constituée de sous-traitants, de fournisseurs et de prestataires de services, participant à la fabrication de ces véhicules. Ainsi, la filière se décompose en sept segments :

  • la construction automobile,

  • la fabrication d’équipements automobiles (système de direction, d’échappement, carosserie, etc.)

  • la fabrication de biens intermédiaires (composants électroniques, mécanique industrielle, etc.) constituent sa colonne vertébrale.

Ces trois activités représentent la majorité des établissements et de l’emploi de la filière. À celles-ci, s’ajoutent des activités en amont de la chaîne de production, comme :

  • le commerce intra-filière,

  • l’ingénierie,

  • la fabrication de biens d’équipements,

  • le transport.


La filière automobile fait face à une situation délicate, marquée en particulier par :

  • une forte baisse des ventes de véhicules (1,7 millions de voitures neuves vendues en France en 2024, contre 2,2 millions en 2019, avec une tendance encore baissière en 2025) et une réduction du nombre de véhicules assemblés en France encore plus marquée (1,3 million en 2024, contre 2,2 millions en 2019). Cela se répercute fortement sur les sous-traitants, dont le modèle économique repose sur des volumes importants

  • une concurrence mondiale croissante exercée sur la chaine des sous-traitants, dictée par la politique industrielle des donneurs d’ordre. La concurrence de pays à bas coût conduit à des pertes de marchés pour les sous-traitants

  • une adoption de la motorisation 100% électrique moins rapide que cela avait été anticipé, quoique en nette progression (20% de part de marché en France en novembre 2025)

  • une concurrence chinoise croissante, tant sur les ventes de véhicules électriques mais également de véhicules hybrides, que sur le volet industriel, via l’acquisition de sous-traitants et l’implantation d’usines d’assemblage sur le sol européen

  • une diversification des équipementiers, sur de nouveaux marchés dans l’automobile ou sur des marchés hors de la filière automobile. Cela requiert des investissements et des efforts d’innovation massifs, que l’État et la Région accompagnent au travers de leurs dispositifs d’aide respectifs

En 2015, lors de la COP 21, l’accord de Paris, signé par 194 pays et l’ensemble des pays de l’Union Européenne, a prévu une réduction considérable des émissions mondiales de gaz à effet de serre, dans le but de limiter à 2 °C le réchauffement planétaire. En 2021, l’Union Européenne a fixé pour 2050 l’objectif de neutralité carbone, via 12 paquets de mesures (« Fit for 55 »), incluant l’immatriculation en 2035 des seuls véhicules à émissions nulles, avec des objectifs intermédiaires de réduction des émissions. Pour la filière automobile, ces objectifs s’inscrivent dans la continuité d’une réglementation préexistante depuis une dizaine d’années pour réduire les émissions de CO2. Pour atteindre l’objectif intermédiaire fixé initialement à 2025 pour les émissions de CO2 des véhicules neufs, correspondant à la réglementation dite « CAFE (Corporate Average Fuel Economy), un constructeur devrait vendre au moins une voiture électrique pour quatre thermiques, faute de quoi il s’exposera aux amendes prévues par cette réglementation. Les ventes actuelles de véhicules électriques ne permettant pas d’atteindre cet objectif, et de façon à ne pas pénaliser les constructeurs qui ont engagé l’électrification de leurs véhicules, la Commission Européenne a lancé en début d’année 2025 une grande consultation, qui a déjà abouti à l’assouplissement de cette mesure, en permettant un lissage du calcul des objectifs d’émissions sur trois ans, de 2025 à 2027. Cette proposition a été validée par le parlement européen et par les Etats membres. A la demande des acteurs de la filière, la Commission Européenne a également anticipé la renégociation de la clause de revoyure. Cela doit conduire à des annonces structurantes en décembre 2025. Outre l’échéance de 2035, les discussions portent également sur un contenu minimal européen pour les véhicules commercialisés en Europe, afin de protéger les sous-traitants.


2. Conjoncture

L’emploi dans la filière automobile

Juin 2025, 36 437 salariés permanents et 5 146 intérimaires travaillent dans la filière automobile

En Bourgogne-Franche-Comté, 36 437 salariés travaillent dans la filière automobile à la fin du 2ème trimestre 2025. À ces salariés permanents s’ajoutent 5 146 intérimaires.

Hors intérim, les effectifs de la filière connaissent une baisse annuelle de 5 % entre juin 2024 et juin 2025, avec des variations allant de -16 % dans les activités d’ingénierie à +0,2 % dans le commerce. Dans la construction automobile, la baisse amorcée au second semestre 2024 se confirme en 2025.

La répartition sur le territoire Bourgogne-Franche-Comté est très inégale, 45 % des salariés sont concentrés dans le département du Doubs.

Tableau 1 | Evolution de l’emploi salarié dans la filière automobile

Juin 2025
Etablissements (nb)
Emploi salarié permanent
Emploi intérimaire
Emploi total
Effectifs Evolution annuelle (en %) Effectifs Evolution annuelle (en %) Effectifs Evolution annuelle (en %)
Ensemble de la filière 362 36 437 −5,0 5 146 −0,3 41 583 −4,4
Construction automobile 13 8 914 −5,7 1 900 23,9 10 814 −1,6
Commerce intra filière 16 2 005 0,2 64 6,0 2 069 0,4
Fabrication d'équipements automobiles 109 12 735 −5,2 2 035 −9,6 14 770 −5,8
Fabrication de biens intermédiaires 160 10 028 −3,6 1 012 −12,6 11 040 −4,5
Fabrication de biens d'équipements 27 863 −3,8 12 −49,2 875 −5,0
Études, conception, analyse 26 1 343 −15,9 66 −28,0 1 409 −16,6
Transports et logistiques 11 549 −4,2 56 31,5 605 −1,8
Sources : Urssaf, Dares.
Champ : périmètre provisoire en 2025 (établissements présents en 2022 avec prise en compte des fermetures et des reprises)

Lecture : Fin juin 2025, la filière automobile en Bourgogne-Franche-Comté emploie 36 437 salariés hors intérim. Les effectifs intérimaires s’élévent à 5 146. Dans l’ensemble de la filière, l’évolution annuelle était de -4,4 % (de juin 2024 à juin 2025).


Carte 1 | Evolution de l’emploi par département

Source : Urssaf

Le recours à l’activité partielle

💬 Les informations sur le recours à l’activité partielle rendent compte des difficultés de production des entreprises de la filière :

  • ce dispositif vise à éviter les licenciements économiques ❨protection de l’emploi❩ et à adapter les heures travaillées aux variations de l’activité des entreprises ❨flexibilité du travail❩. Le suivi de la consommation d’activité partielle permet de quantifier les effets de ces variations d’activité sur l’emploi, ce qui vient enrichir les constats qui peuvent être faits sous l’angle des indicateurs financiers.

  • les autorisations d’activité partielle permettent d’avoir une vision prospective sur la santé économique des entreprises car elles traduisent les anticipations des employeurs sur l’activité à venir. Lorsque les établissements d’un secteur d’activité rencontrent des difficultés, les autorisations d’activité partielle progressent. Quand la situation s’améliore, elles diminuent.

Suivi de la consommation d’activité partielle

Guide de lecture

Un recours important au dispositif se traduit par :

  • une augmentation du nombre de salariés indemnisés au titre de l’activité partielle

  • une part significative de salariés indemnisés au moins égale à ce que représente la filière dans la région

  • une augmentation du taux de consommation ❨rapport entre heures consommées/ heures autorisées❩

Au 2ème trimestre 2025, le recours à l’activité partielle est inférieur à celui enregistré un an plus tôt. D’après les données provisoires, le nombre de salariés indemnisés ainsi que le volume d’heures chômées diminuent. En moyenne, 943 salariés auraient été placés en activité partielle pour un total de 59 181 heures indemnisées ❨soit environ 147 emplois en équivalent temps plein❩.

Tableau 2 | Indicateurs de suivi mensuel

Année 2024
Année 2025
avr.-24 mai-24 juin-24 avr.-25* mai-25* juin-25*
Taux de consommation
% heures indemnisées/heures autorisées 26 21 12 5 4 6
Indemnisations
Etablissements indemnisés 44 43 44 29 20 28
Heures indemnisées 121 243 97 103 58 554 19 683 15 675 23 822
Salariés indemnisés 5 165 4 564 3 043 1 073 656 1 099
% salariés indemnisés/salariés secteur 13 12 8 3 2 3
* Avertissement : les consommations de l'activité partielle sont provisoires et susceptibles d'être révisées en raison des remontées tardives des entreprises ; celles-ci ayant 6 mois pour demander leur indemnisation.
Source : DGEFP-Dares, traitement Dreets Bourgogne-Franche-Comté, s : secret statistique

Lecture : Au mois de juin 2025, 28 établissements ont eu recours à l’activité partielle et 1 099 salariés ont été indemnisés pour un total de 23 822 heures chômées. Cela représente en moyenne 22 heures chômées par salarié (soit près de 1 semaine à 35 heures hebdomadaires).


Graph 1 | Salariés indemnisés au titre de l’activité partielle

Source : DGEFP-DARES, demandes indemnisations SI-APART/traitement Dreets Bourgogne-Franche-Comté.

Lecture : Au mois de juin 2025, 1 099 salariés de la filière automobile ont été indemnisés au titre de l’activité partielle.


Consommation d’activité partielle par principales activités

En juin 2025, les établissements de ” 03 - fabrication d’équipements automobiles ” ont le plus recouru à l’activité partielle avec 15 207 heures indemnisées, soit 64 % des heures indemnisées dans la filière automobile.

Graph 2 | Heures indemnisées par activités

Source : DGEFP-DARES, demandes indemnisations SI-APART/traitement Dreets Bourgogne-Franche-Comté.


Consommation d’activité partielle par département

Au cours du 2ème trimestre 2025, les établissements situés dans le Territoire
de Belfort
ont davantage eu recours à l’activité partielle. Près de 5 % des salariés travaillant dans la filière automobile ont été placés en activité partielle (soit 152 salariés).

Graph 3 | Salariés indemnisés par département

Source : DGEFP-DARES, demandes indemnisations SI-APART/traitement Dreets Bourgogne-Franche-Comté.

Lecture : dans le Territoire
de Belfort, près de 5 % des salariés de la filière automobile ont été placés en activité partielle au cours du 2ème trimestre 2025 (soit 152 salariés).


Le recours au dispositif dans les prochains mois

Guide de lecture

Des prévisions moins favorables de l’activité économique se traduisent par une augmentation du nombre de salariés autorisés dans les prochains mois.

Graph 4 | Autorisation d’activité partielle dans la filière automobile

Source : DGEFP-DARES, demandes indemnisations SI-APART/traitement Dreets Bourgogne-Franche-Comté.

Lecture : Au 31 décembre 2025, 3 345 salariés travaillant dans le secteur la filière automobile sont concernés par une demande d’activité partielle (dossier validé ou en cours d’instruction).

Avertissement : le nombre de salariés effectivement placés en activité partielle peut s’avérer in fine inférieur si, en fonction de leurs besoins réels, les entreprises ne placent dans cette situation qu’une partie du nombre de salariés autorisé par l’administration. Seules les demandes d’indemnisation (DI) déposées chaque mois par les entreprises permettent de déterminer le recours effectif à l’activité partielle (cf. Graph 1 | Salariés indemnisés au titre de l’activité partielle).


Graph 5 | … tous secteurs confondus

Source : DGEFP-DARES, demandes indemnisations SI-APART/traitement Dreets Bourgogne-Franche-Comté.

Lecture : Au 31 décembre 2025, en Bourgogne-Franche-Comté, 7 888 salariés sont concernés par une demande d’activité partielle (dossier validé ou en cours d’instruction).


Les mouvements de main d’oeuvre

💬 Les indicateurs de mouvements de main d’oeuvre rendent compte du besoin en emploi des entreprises :

  • le suivi et l’analyse des embauches permet d’appréhender les besoins et l’évolution des pratiques d’embauches des employeurs.

  • le suivi des sorties et l’analyse des motifs permet de mieux comprendre les causes liées à ces départs ❨ex: retraite, démission, licenciement économique❩.

Champ de l’étude : secteur privé hors agriculture, intérim et particuliers employeurs.

Les volumes d’embauches

Au 1er semestre 2025, 1 665 contrats de travail (CDD, CDI) ont été signés dans la filière automobile, environ 282 de moins par rapport au même semestre en 2024. Les embauches sont moins nombreuses qu’en 2023 où 2 498 contrats avaient été signés.

Graph 6 | Evolution des embauches (CDD, CDI) au 1er semestre 2025

Source : Dares-MMO/traitement Dreets Bourgogne-Franche-Comté

Lecture : Au 1er semestre 2025, 1 665 contrats (CDD, CDI) ont été signés dans la filière automobile.


Evolution des embauches en CDI

Guide de lecture

Les indicateurs proposés ici visent à aider à la réflexion sur les problématiques suivantes :

  • les pratiques d’embauches évoluent-elles ?

  • les difficultés de recrutement liées à la filière poussent-elles les établissements à proposer davantage de CDI ?

  • existe-t-il une différence entre les segments de la filière ?

Dans la filière automobile, les embauches en CDI reculent fortement par rapport à 2024 : 1 117 contre 1 342, soit une baisse bien plus rapide que celle des CDD, également en retrait mais de manière moins prononcée. La part des CDI dans les embauches a diminué : 67 % au 1er semestre 2025 contre 69 % l’an dernier, confirmant un affaiblissement du recrutement durable au profit de contrats plus courts.

Les embauches en CDI sont majoritaires dans la fabrication d’équipements automobiles. La part des CDI s’élève à 64 % des recrutements au 1er semestre 2025 contre 78 % à la même période en 2024.

Dans les activités de fabrication de biens intermédiaires, la part des CDI parmi les recrutements au 1er semestre 2025 est de 53 % contre 55 % un an plus tôt. Les embauches en CDI sont majoritaires et reculent par rapport au 1er semestre 2024.

Graph 7 | Volume et part de CDI parmi les embauches au 1er semestre 2025

Source : Dares-MMO/traitement Dreets Bourgogne-Franche-Comté

Lecture : Au 1er semestre 2025, 1 117 CDI ont été signés dans la filière automobile, soit 67 % des embauches.


Un recours plus marqué au CDI

Guide de lecture

Les indicateurs proposés ici visent à aider à la réflexion sur les problématiques suivantes :

  • les embauches en CDI sont-elles plus fréquentes dans la filière comparativement au secteur industriel ?

Au 1er semestre 2025, 67 % des salariés nouvellement embauchés ont signé un CDI contre 50 % dans l’industrie régionale.

Graph 8 | Part des CDI dans les embauches (au 1er semestre 2025) : comparaison avec le secteur industriel

Source : Dares-MMO/traitement Dreets Bourgogne-Franche-Comté


Les départs de salariés

Au 1er semestre 2025, environ 2 478 salariés ont quitté la filière automobile, 113 de plus par rapport au 1er semestre 2024. Ces départs sont moins nombreux qu’en 2023 où la filière enregistrait 2837 départs.

Graph 9 | Evolution des sorties (CDD et CDI) en cumul depuis le début d’année

Source : Dares-MMO/traitement Dreets Bourgogne-Franche-Comté

Lecture : Au 1er semestre 2025, la filière automobile enregistre 2 478 départs.


Les ruptures de contrat et fins de CDD

Guide lecture

Objectifs des indicateurs proposés :

  • combien de contrats sont arrivés à terme ? comment anticiper ces fins de contrat pour maintenir les salariés dans une dynamique emploi et favoriser leur accès à l’emploi durable ?

  • la part des contrats précaires ❨CDD inférieur à 1 mois❩ augmente-t-elle ?

  • le volume des ruptures de contrat de travail augmente-t-il ?

Dans la filière automobile, parmi les départs des salariés au 1er semestre 2025, environ 2 100 font suite à une rupture de contrat de travail et près de 400 à une fin de CDD.
La durée des CDD s’est allongée comparé à l’an dernier car la part des CDD d’une durée inférieure à un mois parmi ceux arrivés à terme a diminué : 38 % des CDD arrivés à terme en 2025 duraient moins d’un mois contre 48 % en 2024.

Graph 10 | Fins de CDD < 1 mois parmi ceux arrivés à terme, au 1er semestre

Source : Dares-MMO/traitement SESE Dreets Bourgogne-Franche-Comté.

Lecture : au 1er semestre 2025, 38 % des CDD arrivés à terme duraient moins d’un mois.


Les motifs de rupture de contrat de travail

Guide de lecture

Objectifs des indicateurs proposés :

  • le choix de démissionner est-il plus fréquent dans la filière depuis 2024 ?

  • les démissions sont-elles plus fréquentes par rapport à ce qui est observé dans l’industrie ? Cette information est intéressante à croiser au regard de la part des CDI parmi les embauches ➝ enjeu de fidélisation des salariés, sécurisation de l’emploi, attractivité du poste.

  • les ruptures de contrats notamment les départs non anticipés par les employeurs comme les démissions, fins de période d’essai ou encore les licenciements non économique sont-elles plus nombreuses par rapport à 2024 ? ➝ renforcement des tensions de recrutement.

Au 1er semestre 2025, le nombre de ruptures de contrats de travail dans la filière automobile s’élèvent à 2 114 (1 988 en 2024). Les ruptures de contrats de travail représentent 85 % des sorties de la filière ❨cf. Graph 10 | Rupture de contrat de travail et fins de CDD❩.

Les départs faisant suite à une démission forment le premier motif de rupture de contrat de travail. Ils sont moins fréquents dans la filière automobile par rapport à la moyenne régionale observée dans l’industrie.

Les départs faisant suite à une fin de période d’essai ou à un autre motif représentent le deuxième motif de rupture de contrat et sont plus fréquents dans la filière automobile qu’en moyenne dans l’industrie.

Les départs à la retraite sont quant à eux plus fréquents qu’en moyenne dans l’industrie.

Graph 12 | Motifs des ruptures de contrat de travail dans la filière automobile

Source : Dares-MMO/traitement Dreets Bourgogne-Franche-Comté


Les offres d’emploi

💬Les offres d’emploi enregistrées (OEE) par France Travail

Le champ retenu concerne les entreprises de la filière automobile à l’exception de quatre d’entre elles dont les offres d’emploi sont déposées majoritairement sur des métiers de la santé et action sociale.

Certaines entreprises, comme Stellantis, déposant leur offres exclusivement en intérim ne sont pas recensées.

En Bourgogne-Franche-Comté, France Travail a enregistré plus de 7 400 offres d’emploi depuis le 3ème trimestre 2019 émanant d’entreprises de la filière automobile.

Les principaux segments

3 segments sont particulièrement représentés :

  • la fabrication d’équipements automobiles qui représente 40 % des offres déposées par la filière dont 73 % d’offres d’emploi durables

  • le commerce intra-filière suit avec 28 % dont 86 % d’offres d’emploi durables

  • la fabrication de biens intermédiaires concentre 22 % des offres dont 81 % d’offres d’emploi durables.

Les offres d’agents de maitrise, techniciens et cadres sont en forte proportion dans la fabrication d’équipements automobiles (36 %) et la fabrication de biens intermédiaires (35 %). Les études, conceptions, analyse rassemblent toutefois la plus forte proportion (83 %).

Graph 12 | Offres enregistrées par France Travail depuis le 1er trimestre 2019

Source : France Travail

Evolution des offres d’emploi déposées à France Travail

Les offres d’emploi déposées sont majoritairement plus nombreuses sur le 1er semestre. La crise sanitaire en lien avec l’épidémie de COVID 19 a eu un impact à la baisse sur le nombre d’offres en particulier pendant la période de confinement du 2e trimestre 2020 où le volume est descendu à moins de 50 offres.

L’activité est repartie progressivement à partir du 4ème trimestre 2020 pour décoller ensuite au 4ème trimestre 2021 avec des volumes supérieurs à ceux enregistrés avant la crise sanitaire.

Toutefois le nombre d’offres d’emploi enregistrées dans la filière automobile a nettement diminué : -42 % entre le 2ème trimestre 2023 et le 2ème trimestre 2025 contre -20 % tous secteurs.

Graph 13 | Evolution trimestrielle des offres d’emploi enregistrées

Source : France Travail

Les grandes caractéristiques des offres

La filière automobile dépose davantage d’offres d’emploi durables (CDD de 6 mois minimum ou CDI) avec une part de 81 % contre 59 % tous secteurs. Les offres d’emploi temporaire (entre 1 et 5 mois) sont moins nombreuses (18 % contre 35 %) tandis que la part pour des emplois occasionnels est très faible (0 % contre 6 %).

On retrouve une très forte part d’offres d’agents de maitrise, techniciens et cadres (19 % contre 13 % tous secteurs).

La totalité des offres de la filière sont à temps plein.

Graph 14 | Type de contrat

Source : France Travail

Graph 15 | Niveau de qualification

Source : France Travail

Graph 16 | Durée des contrats

Source : France Travail

Les principaux métiers recherchés

Parmi les offres déposées à France Travail (cf. Les offres d’emploi), le métier de relation commerciale grands comptes et entreprises est de loin celui le plus recherché par les entreprises de la filière déposant au moins une offre à France Travail (385 postes sur la période de juillet 2024 à juin 2025). Il concerne une très forte proportion d’emplois durables (83 %) presque exclusivement pour des employés non qualifiés.

Suit le montage, assemblage mécanique avec 66 postes dont une très forte part d’ouvriers (73 %).

Le 3ème métier est celui de de la conduite d’équipement d’usinage (52 postes) avec une très forte proportion d’ouvriers (75 %) et d’emplois durables (100 %). Les postes sont très fortement qualifiés (83 %).

Top 15 des métiers les plus recherchés parmi les offres déposées

De juillet 2024 à juin 2025
Code Rome Libellé du métier Offres collectées Emploi durable en % Emploi temporaire en % Emploi Occasionnel en % Ouvriers en % Employés en % Agents de maitrise, techniciens, cadres en % Postes Qualifiés en %
D1402 Relation commerciale grands comptes et entreprise 385 83 17 0 0 100 0 15
H2909 Montage - assemblage mécanique 66 44 56 0 73 27 0 24
H2903 Conduite d’équipement d’usinage 52 100 0 0 75 6 19 83
I1304 Installation et maintenance d’équipements industriels et d’exploitation 45 100 0 0 2 38 60 100
H3201 Conduite d’équipement de formage des plastiques et caoutchoucs 43 67 33 0 98 2 0 84
H1502 Management et ingénierie qualité industrielle 38 97 3 0 3 50 47 97
H2902 Chaudronnerie - tôlerie 30 97 3 0 70 27 3 73
H1206 Management et ingénierie études, recherche et développement industriel 28 100 0 0 0 36 64 96
N4101 Conduite de transport de marchandises sur longue distance 27 100 0 0 0 100 0 100
H2913 Soudage manuel 26 19 81 0 100 0 0 62
H2901 Ajustement et montage de fabrication 26 85 15 0 42 15 42 92
I1604 Mécanique automobile 25 100 0 0 68 4 28 100
H1404 Intervention technique en méthodes et industrialisation 24 100 0 0 38 13 50 100
H2912 Réglage d’équipement de production industrielle 24 83 17 0 88 0 13 100
I1302 Installation et maintenance d’automatismes 22 91 0 9 50 0 50 100

Source : France Travail

Les principaux savoir-être demandés par les employeurs de la filière automobile en lien avec le poids du métier de la relation commerciale grand comptes sont davantage orientés vers : l’autonomie (44 % des offres avec au moins un savoir-être demandé contre 33 % tous secteurs), le sens de l’organisation (29 % contre 21 %), la rigueur (28 %) et la persévérance (19 % contre 3 %).


La situation financière

💬Les données Banque de France

Données sur les bilans comptables des entreprises dont le chiffre d’affaires est supérieur à 1 200 000 euros. L’analyse des bilans comptables porte sur un échantillon de 195 petites et moyennes entreprises appartenant au périmètre de la filière automobile. Cela exclut ainsi Stellantis et Forvia. Les données agrégées correspondent à des ratios moyens. Les indicateurs de variation sont calculés sur échantillons constants cylindrés sur 2 ans.

Le niveau d’activité

Les variations agrégées des chiffres d’affaires de la filière automobile en Bourgogne-Franche-Comté baissent de 8,9 % en 2024 (non corrigé de l’inflation). Le taux de marge brute d’exploitation agrégé baisse de 5 % à 3,7 %.

Graph 17 | Chiffres d’affaires

Source : Banque de France

Graph 18 | Taux de marge brute d’exploitation

Source : Banque de France


Le taux d’impayés

Guide de lecture

Objectif de l’indicateur proposé :

  • un taux d’impayés élevé ou en hausse montre une difficulté (qui peut être passagère) pour un établissement à payer ses cotisations sociales à l’Urssaf. Calculé sur une filière, le taux d’impayés peut mettre en évidence des difficultés conjoncturelles précoces.

Hausse des impayés mais un taux qui reste relativement faible

A fin juillet 2025, les entreprises de la filière automobile en Bourgogne-Franche-Comté affichent un taux d’impayés de 0,95 % pour l’ensemble des exigibilités de l’exercice 2025 contre 0,89 % tous secteurs confondus et 0,90 % pour le secteur industriel. Malgré une hausse du taux d’impyés de 0,5  point par rapport à la même période l’an dernier, le taux d’impayés reste assez faible dans la filière automobile (0,95 %). Ce taux est assez proche du taux moyen tous secteurs (0,89 %).


Le commerce extérieur

💬Les données du commerce extérieur a un intérêt pour le suivi de la conjoncture car :

  • le suivi et l’analyse des exportations/importations permet d’appréhender la performance économique de la région. Une augmentation des exportations peut signaler une économie forte et compétitive, tandis qu’une hausse des importations peut refléter une demande intérieure robuste.
  • la provenance des produits est crucial, surtout en cas de difficultés dans le pays d’origine qui pertuberaient les chaînes d’approvisionnement et entraîner des pénuries ou des hausses de prix.

Les exportations dans la filière automobile au 2ème trimestre 2025

En Bourgogne-Franche-Comté, les exportations d’équipements automobiles atteignent 340 619 milliers d’euros au 2ème trimestre 2025. Sur un an, elles diminuent fortement (-4,3 %). Dans le même temps, les importations progressent nettement (7,7 %).
Pour les véhicules automobiles, les exportations s’élèvent à 303 201 milliers d’euros au 2ème trimestre 2025. Elles baissent fortement de (-30,1 %) sur un an. Les importations de véhicules automobiles se replient nettement par rapport à la même période de l’année précédente (-2,8 %).

Tableau 3 | Chiffres clés du commerce extérieur dans la filière automobile

2ème trimestre 2025
Exportations
Importations
Montant trimestriel en milliers d'euros Evolution annuelle (en %) Montant trimestriel en milliers d'euros Evolution annuelle (en %)
Equipements automobiles 340 619 −4,3 437 966 7,7
Véhicules automobiles ; carrosseries automobiles ; remorques et semi-remorques 303 201 −30,1 110 421 −2,8
Source : Direction Générale des Douanes et des Droits Indirects.


Principaux débouchés à l’export

Tableau 4 | Equipements automobiles : top 10 des pays à l’exportation

Pays Montant en milliers d’euros Part des exportations totales du secteur (en %)
Allemagne 76859 23
Espagne 39150 11
Slovaquie 27492 8
Belgique 27216 8
Royaume-Uni 24427 7
Turquie 21724 6
Italie 16662 5
République tchèque 10147 3
Pologne 9376 3
Danemark 8338 2
Source : Direction Générale des Douanes et des Droits Indirects

Tableau 5 | Véhicules automobiles ; carrosseries automobiles ; remorques et semi-remorques : top 10 des pays à l’exportation

Pays Montant en milliers d’euros Part des exportations totales du secteur (en %)
Royaume-Uni 130692 43
Espagne 18795 6
Italie 15114 5
Japon 15084 5
Suisse 12460 4
Taïwan 11069 4
Argentine 9029 3
Norvège (yc Svalbard) 6920 2
République tchèque 6874 2
Allemagne 6278 2
Source : Direction Générale des Douanes et des Droits Indirects



Principales provenances des produits importés

Tableau 6 | Equipements automobiles : top 10 des pays

Pays Montant en milliers d’euros Part des importations totales du secteur (en %)
Espagne 62966 14
République tchèque 50648 12
Maroc 49143 11
Allemagne 48519 11
Italie 39110 9
Pologne 36848 8
Chine 25559 6
Slovaquie 21805 5
Portugal 17567 4
Russie 13201 3
Source : Direction Générale des Douanes et des Droits Indirects

Tableau 7 | Véhicules automobiles ; carrosseries automobiles ; remorques et semi-remorques : top 10 des pays

Pays Montant en milliers d’euros Part des importations totales du secteur (en %)
Allemagne 35000 32
Italie 13753 12
Pays-Bas 11373 10
Espagne 7918 7
Belgique 5506 5
Suède 4605 4
Roumanie 3841 3
Retour France 3450 3
Chine 3354 3
Pays non classifiés ailleurs 2351 2
Source : Direction Générale des Douanes et des Droits Indirects



Sources, méthodologie, définitions

Méthode

Le périmètre de la filière automobile au 30 juin 2025 (362 établissements) est basé sur le contour réalisé en 2022, extrapolé des cessations et reprises. Les créations pures n’ont pas été prises en compte.

Sources

Les données sur les effectifs salariés sont issues de la Déclaration sociale nominative (DSN). L’introduction depuis mars 2015 de la Déclaration sociale nominative (DSN), qui se substitue notamment au Bordereau récapitulatif de cotisations (BRC), modifie les informations déclaratives nécessaires au calcul des indicateurs statistiques présentés dans cette publication. La nouvelle source permet en effet le calcul des effectifs des établissements à partir des données individuelles des contrats alors que l’effectif agrégé de ces mêmes établissements, historiquement présent dans les BRC, demeurait transitoirement présent en DSN. L’intégration des données individuelles dans la chaîne de traitement statistique des effectifs salariés, réalisée progressivement depuis 2016, a été finalisée en juin 2021 à l’occasion de la publication des résultats du premier trimestre 2021. Les données sur les effectifs sont désormais issues à 100 % de l’exploitation des données individuelles de la DSN.

Les mouvements de main-d’oeuvre (MMO) recensent l’ensemble des embauches et des fins de contrats de travail au niveau des établissements. Ils permettent de mesurer les entrées et les sorties selon le type de contrat (contrat à durée déterminée/contrat à durée indéterminée), la durée des contrats et les motifs de rupture.

L’intérim

depuis juillet 2018, la Déclaration sociale nominative (DSN) est l’unique source des statistiques d’intérim. Elle se substitue ainsi à la source historique, les relevés mensuels de mission – RMM – adressés à France Travail par les établissements de travail temporaire. À partir de cette information, la Dares élabore divers indicateurs mensuels, trimestriels et annuels. Ces statistiques intègrent les contrats à durée indéterminée intérimaires (CDII).

Le service statistique des Douanes publie tous les mois les données du commerce extérieur qui concernent les échanges de marchandises et non de services. La valeur statistique correspond à la valeur des marchandises au passage de la frontière française : CAF Coût Assurance et Fret inclus pour les importations, FAB Franco A Bord pour les exportations. Les droits, taxes et accises sont exclus de la valeur statistique. À l’instar des données nationales, les statistiques régionales du commerce extérieur sont établies à partir des informations issues des déclarations de dédouanement des marchandises DAU ou des réponses à l’enquête mensuelle sur les échanges de biens intra-UE EMEBI. À l’exception des échanges de gaz naturel et d’électricité, la ventilation par département puis, par agrégation, par région s’effectue de la manière suivante : - à l’exportation, c’est le département d’exportation des marchandises qui est mentionné. Il s’agit du lieu initial à partir duquel les marchandises sont exportées et non pas le département du siège social de l’entreprise qui exporte. À l’importation, c’est le département de destination réelle des marchandises importées et non le département du siège social de l’importateur. À noter que dans certains cas, le département indiqué sur les documents douaniers peut être celui de stockage et pas forcément celui d’expédition, de consommation ou d’importation. Ainsi, des flux sont attribués aux régions possédant d’importantes plateformes logistiques d’échanges commerciaux.

Définitions

L’effectif salarié provient de la source Urssaf et représente l’effectif fin de mois (EFM) mesuré au dernier jour ouvré du mois. Cet effectif exclut certains salariés :

  • les intérimaires pour les entreprises utilisatrices,

  • les apprentis,

  • les élèves ou étudiants effectuant un stage en entreprise donnant lieu à la signature d’une convention entre le stagiaire, l’entreprise et l’établissement d’enseignement,

  • les stagiaires de la formation professionnelle,

  • les salariés percevant des sommes après la rupture de leur contrat de travail,

  • les VRP multicartes,

  • les salariés régulièrement détachés en France en vertu de conventions ou de règlements internationaux.

Tous les autres salariés, à temps complet ou à temps partiel, comptent pour un dans l’effectif à inscrire sur le BRC, indépendamment de la durée de travail. Les données mobilisées ne permettent pas de corriger de la multi-activité, ce qui rapproche l’effectif présenté d’un nombre de postes de travail. Cet effectif réel en fin de mois diffère d’autres notions d’emploi faites en équivalents temps plein (ETP) ou qui excluent certaines catégories de salariés comme les emplois aidés.

Les embauches (i.e. entrées) et les départs (i.e. sorties) sont des flux de main-d’oeuvre qui n’intègrent ni les transferts entre les établissements d’une même entreprise ni les entrées/sorties en mission d’intérim. La différence entre les entrées et les sorties ne reflète que très approximativement l’évolution de l’emploi, puisque la prise en compte de la démographie des entreprises au sein des données mouvements de main d’oeuvre est partielle, notamment pour les établissements de moins de 50 salariés.

Une offre d’emploi durable : contrat de 6 mois ou plus.

Une offre d’emploi temporaire : contrat de 1 à moins de 6 mois.

Une offre d’emploi occasionnel : contrat de moins d’un mois.

Pour en savoir plus

Des résultats plus détaillés sur un territoire et la liste des entreprises de la filière automobile sont mis à disposition via la plateforme Decidata.

« Au 1er semestre 2024, l’activité de la filière automobile ralentit », Insee - Dreets, juin 2025.

« La filière automobile amorce un virage vers l’électrique », Insee - Dreets, mai 2024.