Bien implantée en Bourgogne-Franche-Comté, la filière automobile s’organise autour de sept segments d’activité, structurés par la construction automobile, la fabrication d’équipements automobiles et la production de biens intermédiaires. Elle s’appuie sur la présence de grands constructeurs et sur un réseau dense de sous-traitants, fournisseurs et prestataires. Dans la filière automobile, 397 établissements sont présents en Bourgogne-Franche-Comté. En décembre 2025, un peu plus de 37 000 personnes sont employées dans cette filière, soit 3,7 % des salariés de la région. À ces salariés permanents s’ajoutent près de 5 200 intérimaires.
En 2025, les immatriculations de voitures neuves reculent de nouveau au niveau national, dans un marché marqué par la progression des motorisations hybrides et électriques. En Bourgogne-Franche-Comté, les chiffres d’affaires dans les établissements de la filière automobile diminuent de nouveau en 2025. Cette baisse est moins marquée qu’en 2024. Le taux de marge brute d’exploitation reste stable. Dans un contexte économique peu porteur, l’emploi salarié permanent baisse de nouveau fin 2025 (¹-4,3 % en un an), ce repli est plus marqué que dans l’industrie régionale (-0,9 %). L’emploi salarié permanent recule dans l’ensemble des segments de la filière à l’exception du commerce intra filière où il progresse légèrement. En revanche, l’intérim se redresse quelque peu après deux années de fort repli : +2,4 % sur un an. Le nombre de salariés indemnisés au titre de l’activité partielle diminue au cours du dernier trimestre 2025 mais demeure à des niveaux relativement élevés par rapport à d’autres secteurs d’activité. De plus, les demandes d’autorisation repartent légèrement à la hausse au premier semestre 2026.
Les embauches de salariés (hors intérimaires) dans la filière sont en baisse en 2025 par rapport à 2024. Dans ce contexte, les offres d’emploi déposées à France Travail par les entreprises de la filière automobile sont en net recul au 4e trimestre 2025 par rapport à l’année précédente. Dans le même temps, les départs de la filière diminuent légèrement en 2025 par rapport à 2024 mais restent nettement supérieurs aux embauches. Les démissions sont le premier motif de rupture de contrat et sont moins nombreuses qu’en moyenne dans l’industrie régionale. Leur part diminue sensiblement sur les trois dernières années. Les départs à la retraite sont davantage présents dans la filière automobile qu’en moyenne dans l’industrie de Bourgogne-Franche-Comté.
Enjeux : La filière automobile est la 1ère filière industrielle de Bourgogne-Franche-Comté. Elle s’est construite historiquement autour du site Stellantis de Sochaux et comprend un important réseau de sous-traitants. En 2025, le marché automobile français a poursuivi sa baisse. Les immatriculations de véhicules légers neufs, (voitures et véhicules utilitaires légers), ont reculé de 5 % par rapport à 2024, à 1,99 million. Pour rappel, en 2019, 2,69 millions de véhicules légers avaient été immatriculés, soit une baisse de 35 % entre 2019 et 2025. Cependant, à noter qu’en 2026, dans un marché européen en repli de 3 % au niveau des immatriculations, la France est en légère hausse. Plusieurs éléments de contexte :
À noter que dans ce contexte, la filière est confrontée à la concurrence féroce des nouvelles marques chinoises qui ont décidé de conquérir le marché mondial. Ainsi, en France, les véhicules de marques chinoises poursuivent leur progression : 6 modèles figurent dans le top 100 des immatriculations de janvier à avril 2026. Les constructeurs chinois, en surcapacité sur leur marché intérieur à hauteur de 28 millions de véhicules, se projettent sur l’Europe avec la création de réseaux de distribution et des implantations d’usines (BYD Szeged en Hongrie) pour éviter les droits de douanes européens. Dans ce contexte, les constructeurs européens ouvrent leurs usines aux constructeurs chinois (Chery qui utilise un ancien site de Nissan à Barcelone, Stellantis avec Donfeng à Rennes La Janais et Leapmotor en Espagne, sur le sites de Saragosse, et Vigo). La France et l’Union Européenne maintiennent des dispositifs, (score environnemental pour le bonus écologique et le leasing social, droits de douane complémentaires pour les véhicules électriques fabriqués en Chine), pour protéger les constructeurs fabriquant sur le sol européen. Ces mesures ont permis de limiter l’afflux de véhicules électriques fabriqués en Chine. La commission européenne travaille également sur une proposition de règlement sur l’accélération industrielle pour notamment mettre en œuvre la préférence européenne afin de favoriser les membres de l’UE, avec un contenu à hauteur de 70 % de composants fabriqués dans l’UE (hors batterie) pour les petites voitures neuves électriques qui, selon les fournisseurs automobiles, ne couvrent actuellement que 25 % des pièces automobiles dans l’UE. Pour faire face, les sous-traitants sont dans l’obligation de réagir en accélérant leur démarche de diversification dans d’autres filières ou en investissant vers de nouveaux marchés en lien avec l’électrification des véhicules. Pour s’adapter à ces mutations, les entreprises ont besoin d’investir et d’innover massivement. Pour ce faire, des dispositifs d’accompagnement sont mis en place conjointement par l’État et la Région pour développer les solutions de mobilité de demain. |
En Bourgogne-Franche-Comté, la filière automobile se distingue par une forte concentration autour de quelques grands constructeurs, au premier rang desquels figurent notamment Stellantis et Fiat Powertrain Technologies (FPT). Autour de ces acteurs majeurs s’organise un tissu dense d’entreprises constitué de sous traitants, de fournisseurs et de prestataires de services, qui interviennent à différents stades du processus de production et contribuent à la fabrication des véhicules.
Cette filière s’articule autour de sept segments (cf. Schéma). Son cœur repose sur trois activités structurantes : la construction automobile, la fabrication d’équipements automobiles et la production de biens intermédiaires. Ces activités regroupent une part prépondérante des établissements et des emplois (hors intérim). À ces segments centraux s’ajoutent des activités en amont, indispensables au fonctionnement global de la chaîne productive, telles que la fabrication de biens d’équipement, les activités d’ingénierie, le transport ainsi que le commerce intra filière.
Le périmètre de la filière automobile est défini à partir d’une sélection d’établissements participant à la production de véhicules destinés au transport de personnes ou de marchandises, incluant également les pièces, accessoires et remorques. Cette sélection repose à la fois sur le code APE (activité principale exercée) issu du répertoire Sirène et sur les réponses à l’enquête nationale menée par l’Insee en 2023 sur la filière automobile. Le champ d’analyse se limite aux établissements de 10 salariés ou plus, qui ont fait l’objet d’une expertise approfondie en lien avec les acteurs de la filière (DREETS, Conseil régional, AER, Banque de France, Pôle Véhicule du Futur). Les établissements de moins de 10 salariés, bien qu’ils soient exclus du champ, ne représenteraient qu’environ 1 % des effectifs. L’analyse porte exclusivement sur les établissements implantés en Bourgogne Franche Comté, ce qui limite les possibilités de comparaison avec d’autres régions, à l’exception du segment de la construction automobile, entièrement intégré à la filière. Le périmètre inclut les activités liées à la production d’automobiles, mais également celles concernant les camions, les autobus et les remorques. En revanche, certaines activités en sont exclues, notamment la fabrication de motocycles, de tracteurs agricoles et de véhicules militaires.
Par ailleurs, le périmètre a été actualisé depuis la précédente étude fondée sur les données de 2020, afin d’intégrer les évolutions liées à la démographie des entreprises : créations, cessations, fusions, transferts ou changements d’activité. Certains établissements ont ainsi rejoint la filière à la suite d’une réorientation de leur activité, tandis que d’autres en sont sortis. Les opérations de reprise et d’acquisition sont considérées comme assurant la continuité des entreprises, tandis qu’une création correspond à l’apparition d’une nouvelle unité juridique sans prédécesseur. Au total, le nombre d’établissements composant la filière est passé de 362 à 397. Parmi eux, 316 étaient déjà présents dans le périmètre précédent, tandis que 58 ont été intégrés suite à leur participation à l’enquête Insee. Les autres évolutions résultent d’un ajustement du périmètre à la suite de l’expertise menée. Le changement le plus notable concerne la sortie de l’entreprise Berner, spécialisée dans le commerce de gros de fournitures et d’équipements industriels, désormais exclue du champ de la filière automobile.
397 établissements et 37 000 salariés fin 2025
Source : Urssaf, décembre 2025.
Lecture : La construction automobile compte 21 établissements et emploie 9 120 personnes (hors intérim).